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Discours des vœux 2018

Monsieur le Président du Conseil départemental, Cher Laurent,

Monsieur le Député suppléant, Cher Olivier,

Mesdames et Messieurs les Conseillers départementaux, Chers Collègues,

Madame la Présidente de la Communauté d’Agglomération, Chère Lætitia,

Mesdames et Messieurs les Maires et élus municipaux,

Mesdames et Messieurs les Directeurs Départementaux des Services de l’Etat, des Collectivités territoriales et des Administrations,

Mesdames et Messieurs représentant les forces de Gendarmerie, de Po-lice et de Sapeurs-Pompiers,

Mesdames et Messieurs les Représentants du monde économique, agricole, associatif, éducatif, syndical, culturel, sportif, social et cultuel,

Mesdames et Messieurs, Chères et Chers amis,

Merci tout d’abord d’avoir répondu en nombre à cette invitation. Je sais que le mois de janvier sera rythmé pour certains d’entre vous par une longue série de vœux et je reconnais que parfois l’on s’ennuie devant des discours qui peinent à se renouveler.

Je n’aurai pas la prétention de vous tenir à coup sûr en haleine pendant 20 minutes, mais je vous assure que j’ai veillé à vous épargner le catalogue fastidieux par lequel on rend compte de tout ce qui a été fait lors de l’année précédente.

Je veux commencer par remercier la ville de Privas et son maire Michel Valla qui me permet de vous accueillir ici, dans cette salle municipale.

Je voudrais également avoir une pensée pour ceux qui en 2017 nous ont quittés, pour leurs proches et plus largement pour toutes celles et ceux qui ont eu à affronter l’épreuve de la maladie.

Je veux aussi une fois de plus, remercier les Ardéchoises et les Ardéchois qui m’ont accordé leur confiance en juin dernier.

Le temps passe depuis ce mandat de conseiller municipal de Privas en 2001, celui de Vice-Président de la Région Rhône-Alpes, puis la Présidence du Département pendant 5 ans. Aujourd’hui je mesure l’honneur qui m’a été accordé de siéger au Parle-ment.

Mais je veux aussi vous dire que tout me ramènera ici, toujours, en terre d’Ardèche. Car c’est là que se trouve l’essentiel, c’est à dire mon histoire, ma famille, mes amis, mes amours et si je devais citer Aznavour, vous avez compris la suite.

Plus sérieusement, je veux aussi vous assurer que la fonction ne changera pas l’homme. Je n’aurai pas d’accoutumance aux ors de la République et si les jardins du Palais Bourbon sont tracés au cordeau, ils ne dégagent pas les parfums du genêt, ils n’offrent jamais l’ombre d’un châtaignier et ne produisent pas le moindre cèpe en automne ; bref, vous l’avez compris, chacun juge de ce qu’est la vraie vie et de là où elle se trouve. Pour moi, elle est ici et nulle part ailleurs.

Pendant 5 ans, j’ai eu le plaisir de m’exprimer devant vous en ma qualité de Président du département. J’ai exercé ce mandat avec passion parce qu’il est le mandat de l’action concrète. Tout à la fois créateur de services, investisseur, entrepreneur, ambassadeur de l’Ardèche, la Présidence du Département a été pour moi un grand bonheur et un incroyable apprentissage.

La fonction est entre de bonnes mains et je sais que Laurent Ughetto ne manque ni d’énergie ni d’audace pour réussir dans sa mission ! C’est ce que je lui souhaite et ses premiers pas ne lais-sent aucun doute sur sa réussite future.

C’est donc désormais dans une autre fonction que je m’adresse à vous, celle de Parlementaire.

Rien ne me prédestinait à endosser ce costume de Député et j’aurais pu certainement m’épanouir dans une autre responsabilité.

J’ai fait ce choix, d’abord parce que celui qui occupait ce poste a décidé de se retirer (et je rends hommage au travail réalisé par Pascal Terrasse pendant 20 ans), ensuite parce que j’ai considéré que je pouvais être utile ailleurs et défendre l’Ardèche autre-ment.

Un mandat électif, c’est une responsabilité et un honneur. Ça n’est pas une récompense, ça n’est pas un métier, ça ne doit pas être prétexte à une quelconque vanité. Notamment parce qu’un mandat, c’est une confiance reçue qui impose une ré-elle exigence morale ; celle qui consiste à tout faire pour changer le cours des choses, sans se résigner, sans jamais s’installer dans le confort douillet d’une fonction et enfin, sans jamais perdre de vue que tout peut s’arrêter demain.

L’année 2017 restera sur un plan politique comme l’année la plus improbable et la plus imprévisible. A l’occasion des élections présidentielles puis législatives, les Français n’ont pas fait le choix d’une énième alternance. Ils ont fait le choix d’une offre politique nouvelle. Qu’on le veuille ou non, ils ont relégué les grands Partis traditionnels au musée.

Et je n’ai pas de réticence à affirmer que ce big-bang doit être salvateur. Car les partis politiques qui ont été rejetés, ne l’ont pas été sans raison. J’ai toujours pensé que les Français constituaient un peuple exigeant. Ils ont estimé que le combat contre le chômage de masse avait été perdu par tous les Gouvernements successifs depuis 20 ans. Ils ont considéré que ces Gouvernements reposaient sur des Partis épuisés, incapables de renouveler les têtes et les idées. Ils les ont donc rejetés.

Est-ce à dire que notre société ne serait plus traversée par des clivages politiques de fond ? Certainement pas ! Ces clivages sont notre histoire commune, notre culture, et même la richesse de notre pensée. Cette salle est un panel de clivages et de diversités, des diversités qui sont le témoin de notre liberté : liberté de penser, liberté d’opinion, liberté de croire.

Et je crois que le paysage politique était devenu obsolète, en tous cas absolument plus représentatif de cette diversité. Ce pay-sage est apparu révolu aux yeux des Français qui ont fini par con-sidérer que le seul objectif des grandes formations politiques était de se partager le pouvoir par alternance régulière.

Et c’est bien sur la base de ce constat que je pense nécessaire de faire émerger un nouveau paysage à la suite de ce séisme électoral. Car ne vous y trompez pas, notre démocratie ne peut fonctionner sans formations politiques. Elles sont essentielles à notre République. Cette réalité est vieille comme le monde. Elle est même antérieure à la République !

Je suis heureux que cette prise de responsabilité intervienne pour moi dans une période où tout est possible.

Car lorsque tout est possible, les pessimistes craignent le pire et les optimistes espèrent le meilleur. Et comme je vis dans le monde des optimistes, j’espère et je veux le meilleur pour mon Pays comme pour l’Ardèche.

Tout est possible car ce qui s’est produit en 2017 en France relève du séisme démocratique et qu’après un séisme, il faut reconstruire.

Alors oui je souhaite participer autant que faire se peut à cette reconstruction du paysage, sans que l’on me dicte ma conduite, sans que l’on ne m’enferme dans un dogme, sans que l’on me réduise à une étiquette et en restant pleinement fidèle à mes valeurs, à mes convictions.

Oui, j’ai envie d’être au rendez-vous -modestement- des en-jeux qui sont ceux de notre pays et donc ceux de l’Ardèche. C’est de cela dont je veux vous parler et le faire, vous l’aurez compris, avec une liberté de parole qui m’est chère.

Oui, je peux discuter du code du travail avec le Medef ou toute autre organisation patronale et dans le même temps, affirmer que le sort accordé aux réfugiés en France est indigne de notre pays.

Oui, je peux défendre un idéal européen tout en sachant que ça n’est pas populaire et que j’aurais en face de moi la cohorte de tous ceux qui croient que l’Europe est la source de tous nos maux. Je le ferai parce que seule l’Europe dans notre histoire a été ca-pable de nous donner 70 ans de paix d’affilée. Ma conviction, c’est de défendre cet idéal.

Oui, je crois nécessaire de diminuer certaines dépenses publiques, notamment dans nos collectivités, pour rapidement re-donner des moyens à d’autres services essentiels et je pense tout particulièrement à l’hôpital qui est malade, à la justice qui manque de moyens, à notre modèle éducatif qui n’a pas bougé depuis plus de 40 ans ou à la dépendance chez les personnes âgées qui pèse lourd parfois dans le budget des familles.

Oui, je pense que la diminution du nombre d’emplois aidés était nécessaire, notamment lorsqu’il y avait des effets d’aubaine et que certains préféraient recourir à l’assistance de l’Etat alors même qu’ils avaient les moyens d’offrir un véritable contrat de travail. Mais cette décision a été prise à la hussarde et je déplore que ces suppressions n’aient pas été plus justes, plus ciblées et moins brutales. Je pense notamment à des emplois aidés qui étaient de-venus essentiels dans de très modestes communes ardéchoises ou dans des associations qui relèvent du secteur de l’économie sociale et solidaire.

Oui, je n’étais pas hostile à l’augmentation de la CSG et à l’élargissement de son assiette car je pense que la protection sociale n’est pas un luxe et qu’il est nécessaire d’y mettre le prix. Mais cette conviction ne m’empêche pas non plus de penser qu’une erreur a été commise en allant taxer des retraités aux conditions de vie extrêmement modestes quand dans le même temps, l’ancienne DRH de Danone voit son imposition baisser de 62 000€ grâce à la suppression de l’ISF.

Oui, je pense que nos politiques publiques doivent renouer avec une part de risque. Mais il faut aussi que nos con-citoyens acceptent que si le risque est souvent payant, il est parfois sanctionné par l’échec. Et si l’échec est dur à admettre, nos concitoyens ne doivent pas systématiquement mettre devant les tribunaux ceux qui ont failli en prenant un risque. Car à trop sanctionner la prise de risque, on finit par promouvoir l’inertie et condamner le progrès.

Oui, je crois qu’il faut faciliter la création d’entreprise ou plus simplement la création de son propre emploi pour permettre à chacun de se réaliser, pour éviter que des jeunes n’aient le senti-ment que le système trop complexe les rejette et les empêche de réaliser leur rêve ou le projet dans lequel ils croient. Il faut lever des freins car la richesse produite par l’économie a vocation à être partagée pour réduire des inégalités et nous permettre de mieux vivre ensemble.

Oui, je pense que ce pays légifère trop, trop vite, mais aussi que les élus se trompent en voulant faire croire que la règle peut tout corriger.

De ce point de vu par exemple, je suis très réservé quant à la volonté de fixer la limitation de vitesse sur les routes départe-mentales à 80 km/h. Naturellement des études démontrent que l’on devrait sauver des vies en réduisant la limitation. Et c’est vrai!

Mais chacun comprendra que d’autres études prouveront qu’à 60 Km/h, la sécurité est encore meilleure. Puis à 50, jusqu’au jour où une étude nous recommandera d’acheter un âne pour tendre vers le zéro accident.

Plus sérieusement, cette course au risque nul, conduit à des comportements absurdes et qui ont parfois un effet inverse à celui recherché.

Je pense notamment à ces mouvements de résistance à la vaccination qui procède à priori du refus de faire courir un risque supposé à ses enfants. Au motif que le vaccin pourrait être un risque pour quelques-uns, on le refuse pour soi-même et on fait courir, pour le coup, un risque certain à des millions d’autres.

Il y là une forme d’irresponsabilité individuelle car se vacciner, c’est non seulement se préserver soi-même, mais c’est sur-tout préserver l’autre de la contamination et préserver la société dans son ensemble de véritables drames sanitaires qui peuvent encore survenir.

Dans cette période où la Droite et la Gauche n’ont plus vraiment de repères partisans, j’aspire à pouvoir dire les choses avec une liberté de ton qui m’est chère, dès lors que j’ai la conviction que ce que je défends sert l’intérêt général et le progrès social.

Ainsi, par exemple, çà et là on me demande parfois de réaliser des travaux routiers au motif qu’un accident de la route se se-rait produit. Ne comptez pas sur moi pour dépenser 1M d’euros d’argent public -c’est à dire votre argent- si on sait très bien que les accidents en question ne sont pas liés à la route mais à une vitesse excessive, à une consommation d’alcool ou de stupéfiants.

Cette liberté de parole n’aurait peut-être pas été possible il y a quelques années ou même quelques mois. C’est fondamentale-ment, le contexte nouveau qui la rend possible.

D’aucuns peuvent penser que la déroute électorale de mon Parti politique est pour moi un drame. Je ne vais pas vous dire que c’est un grand bonheur. Mais je prends cet événement avec philosophie et surtout avec respect pour le peuple français qui en a décidé ainsi. Je prends aussi cet événement pour une opportunité de ne plus se laisser enfermer dans le cadre d’une discipline politique stérile quand elle devient excessive.

Un parti politique, ça nait, ça évolue, ça grandit et parfois ça se sclérose, ça glisse dans le conservatisme, ça vieillit mal, et même… ça meurt! Des convictions personnelles, les vôtres, les miennes, ça naît aussi, ça évolue, ça grandit, ça murit, ça peut aussi glisser dans le conservatisme, mais ça ne meurt jamais vraiment.

Et c’est en cela que la période qui s’ouvre est pleine d’espoir, pour la France, pour nous tous.

Dans la précédente législature, je n’aurai pas aimé être un godillot. Mais je n’aurai pas non plus aimé la posture du frondeur.

C’est pourquoi dans ce contexte, je ne boude pas mon plaisir de pouvoir être un Député libre. Un député cohérent, avec son identité, ses valeurs, ses convictions, mais libre de s’opposer quand ma conscience me le dicte, tout comme libre d’approuver quand cette même conscience me le commande.

Et les 6 mois de l’année 2017 n’ont pas manqué de sujets qui ont été pour moi l’occasion d’interventions nombreuses : je pense à la fin de la recherche et de l’exploitation des hydrocarbures dont les gaz de schiste bien entendu, à la loi de Con-fiance dans la vie politique, à la loi de sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme, mais aussi à la sécurité de l’accès à nos sites nucléaires.

Dans une période d’intense menace terroriste, je ne peux admettre que 22 militants de Greenpeace pénètrent dans l’enceinte du site nucléaire de Cruas comme on entre dans une chapelle de campagne. J’ai demandé et obtenu la création d’une commission d’enquête pour établir la vérité sur les dispositifs de sécurité d’accès aux 19 sites nucléaires français et corriger à terme des failles qui ne devraient pas exister sur des lieux aussi sensibles.

Dans les mois qui arrivent, nous aurons certainement à relever le défi de l’égalité des territoires. L’expression est sou-vent mal interprétée mais elle prend tout son sens à l’Assemblée lorsque quelques Députés franciliens parlent de la province comme ils parlent des territoires d’outre-mer, évoquent la ruralité comme on disserte sur les contrées exotiques, convoquent la campagne dans leurs discours pour les teinter de romantisme.

Ce défi est essentiel parce qu’il alimente le sentiment d’exclusion, parce qu’il nourrit l’idée que le peuple français se-rait composé de citoyens privilégiés et de citoyens de seconde zone.

Défendre l’égalité des territoires, c’est donc exiger une égali-té de traitement des citoyens de la part de l’Etat. L’accès à l’éducation, aux savoirs, à la culture. Mais aussi l’accès aux soins, à la justice et à la protection individuelle que nous assurent les forces de police et de gendarmerie. L’accès aux réseaux de télé-communications, la faculté de se déplacer sur des routes de qualité et la possibilité de maintenir un tissu industriel et productif, y compris dans les territoires éloignés des métropoles.

Il n’y a pas de promesse républicaine crédible si cette égalité n’est pas assurée, que l’on vive en Ardèche, à Paris ou à Lyon.

L’égalité des territoires, c’est aussi rappeler sans cesse que Paris a besoin de la France tout autant que la France a be-soin de Paris. C’est rappeler que nos concitoyens se tournent à nouveau vers cette France dite périphérique, celle qui n’est pas urbanisée ni sur-aménagée. Cette France que nous incarnons attire depuis plusieurs années et la démographie ardéchoise en té-moigne.

Cette France où l’on ne caillasse pas les pompiers quand ils sortent, celle où les produits locaux que l’on mange n’ont pas stationnée 10 jours à Rungis, celle où le loyer ne représente pas 60% du salaire, celle où l’on ne dort pas dans la rue avec ses enfants.

Certains esprits chagrins regretteront que l’Ardèche n’attire que trop les retraités. Et alors ? Un jeune retraité en 2017, c’est plus de 20 ans d’espérance de vie, c’est parfois une capacité à investir, à consommer, à s’engager dans une association. Pour quelle raison devrait-on bouder les retraités qui viennent s’installer en Ardèche ?

Mais l’égalité des territoires, c’est aussi revendiquer des différences, des handicaps ou des contraintes qui appellent des politiques publiques adaptées à nos besoins.

Je veux retenir 2 exemples très différents : Première-ment, celui de la démographie médicale. Désormais, c’est toute la France qui est concernée et même les Départements urbains. Cette baisse du nombre de généralistes affecte la quasi-totalité de nos territoires ; on la constate dans 93 de nos départements.

En Ardèche, la démographie médicale s’effondre et le vieillissement constaté des médecins en activité va aggraver le phénomène.

Des élus locaux s’échinent à rechercher des médecins, pas-sent des annonces, leur offrent des locaux, les rémunèrent même parfois. Si ces efforts sont louables, ils sont condamnés à être sans effet car la vérité, c’est qu’il n’y a pas d’autre solution que de déverrouiller très vite le numérus clausus.

Et je rajoute que cette seule décision ne suffira pas. Si l’Etat ne met pas en place des dispositifs pour réguler la répartition des médecins libéraux sur le territoire, la Côte d’Azur sera tou-jours plus attractive que le Massif Central et la mauvaise répartition des médecins en France impactera toujours plus l’Ardèche que les Alpes Maritimes.

Le courage politique en la matière, sera d’ouvrir le sujet déli-cat de la liberté d’installation.

Dès le mois de janvier, avec les Députés de mon groupe, nous déposerons une proposition de loi qui ira dans ce sens.

2ème exemple: notre modèle agricole. L’agriculture ardé-choise a ses atouts, certes, mais elle a aussi ses contraintes.

Les prix ne peuvent pas se négocier de la même façon dans toutes les filières et sans tenir compte de la dure réalité des territoires. Si des mécanismes ne tiennent pas compte de ces para-mètres et si ceux qui produisent restent la variable d’ajustement, quand les autres acteurs de la chaine ont des marges confor-tables, alors l’agriculture ardéchoise finira par être mise à mal.

L’égalité des territoires, c’est aussi cela. C’est porter la voix de ses paysans qui sont notre histoire tout autant que notre avenir.

Vous le savez, je défendrai toujours l’Ardèche. Mais jamais je ne la défendrai au motif qu’elle serait faible, vulnérable, menacée ou à l’agonie. L’Ardèche, elle est combattive, généreuse, résistante, audacieuse, vivante, entreprenante, optimiste et fière.

Je la défendrai parce qu’elle est riche de ses femmes et de ses hommes, de ceux qui en sont l’incarnation vivante, qu’ils soient dans leur usine, dans leur commerce, dans leur ferme, dans leur théâtre ou dans leur école.

Le législateur doit d’abord œuvrer au service de la nation. Être Député, c’est regarder la France dans toutes ses dimensions, enrichir la loi que soumet le Gouvernement au Parlement en se demandant sans cesse quel est l’intérêt des Français.

Mais c’est aussi se présenter dans l’hémicycle avec son propre parcours, sa sensibilité et ses centres d’intérêt.

J’ai donc fait en sorte de pouvoir disposer des moyens d’agir. D’abord en intégrant, à compter de cette semaine, la Commission des Lois, très prisée des Députés. Je remercie le Député qui a libéré une place dans cette commission. Il s’agit d’Olivier Dussopt qui exerce d’autres responsabilités et qui dis-pose désormais d’un grand bureau à Bercy !

Le Président de l’Assemblée m’a également désigné pour siéger au sein de la commission supérieure du numérique et des Postes. C’est une instance stratégique qui veille au bon dé-roulement des opérations de couverture numérique, de résorption des zones blanches de téléphonie mobile. Je profite de ce sujet pour remercier le 1er Ministre de l’écoute attentive qu’il a bien voulu me réserver en débloquant la participation attendue de l’Etat qui se monte à 147M d’euros pour le déploiement de la fibre en Drôme-Ardèche.

C’est également le Président de l’Assemblée qui a bien voulu me nommer au sein de la délégation aux collectivités et à la décentralisation. Il s’agit de l’instance de dialogue entre le Gouvernement et l’Assemblée pour tous les sujets relatifs à la fiscalité locale et aux réformes institutionnelles notamment.

A cet égard, j’aurais à travailler activement sur le projet de réforme constitutionnelle voulu par le Président de la République et prévu cette année.

Si le projet n’a pas encore été dévoilé, chacun sait qu’il pré-voit une diminution du nombre de parlementaires et très probablement le passage à 2 Députés pour ce qui concerne l’Ardèche et potentiellement à 1 seul Sénateur.

Cette réforme est cependant une formidable occasion de repenser notre modèle démocratique, nos institutions, leur rôle, leur lisibilité aussi.

Comment admettre qu’il faut 70 personnes pour siéger à la CAPCA quand tout se passe très bien avec 34 élus pour faire avancer le Conseil départemental? Peut-on admettre que les Députés en France soient ceux qui disposent des pouvoirs les plus faibles en Europe? Comment ne pas voir que la Constitution, dont on fêtera cette année les 60 ans, n’est plus adaptée aux exigences citoyennes de 2018.

Bref, autant de sujets, qui je l’espère, seront l’occasion de faire avancer notre pays dans la voie de la modernité, de l’efficacité, de la justice et de la cohésion sociale.

2018 sera également une année importante pour la Circonscription en matière de grands travaux et peut-être même d’une ampleur inédite :

• Lancement de la déviation du Teil qui contribuera au désenclavement du Sud Ardèche. Les marchés ont été attribués par l’Etat. Cette opération sera la plus importante sur le plan routier dans la région.
• Préparation du grand chantier de reconstruction de l’hôpital Sainte-Marie dont je ne remercierai jamais assez la di-rection qui n’a pas cédé aux sirènes de la Vallée du Rhône et qui confirme sa confiance à Privas en poursuivant son développe-ment ici même.
• Reconstruction du théâtre de Privas et je suis heureux d’avoir permis le soutien financier de l’Etat, de la région et du département lors de la négociation du Contrat de Plan Etat région
• Lancement de l’espace aquatique de Privas, là aussi avec le soutien de l’Etat, de la région et du département. J’en profite pour adresser le clin d’œil du contribuable privadois que je suis à Michel Valla.
• L’achèvement de la voix douce de la Payre
• Travaux programmés sur la RD 120 dans la Vallée de l’Eyrieux
• La sécurisation de la traversée de La Voulte
• Le lancement de la Cité des mômes à Charmes pour près de 4M d’euros
• La construction du Centre de Secours de Privas et l’achèvement de la caserne de Saint-Martin de Valamas
• La construction de la gendarmerie à Meysse
• Le lancement au printemps d’un grand projet urbain à Vernoux qui s’élève à près de 2 millions d’euros
• La construction de la Scène Nationale de Musique actuelle au Teil.
• Le lancement de la maison de services publics à Saint-Just
• Le lancement des travaux d’entrée de ville à Bourg-Saint-Andéol
• Le lancement des opérations pour la reconstruction de l’hôpital local de Viviers
• Et bien entendu la poursuite du déploiement de la fibre à la maison sous la conduite du Syndicat Mixte ADN.

En 2018, nous commémorerons le centenaire d’un armistice qui a mis fin à une guerre effroyable dont témoignent les monuments aux morts dans chacun de nos villages. Nous fêterons les 10 ans du festival d’Alba qui est une réussite sans cesse renouvelée.

Mais incontestablement, l’événement 2018 qui tiendra la planète en haleine, se déroulera en Ardèche avec… le Mondial du saucisson. Cette épreuve aura lieu les 9 et 10 juin à Vanosc. Elle sera parrainée par Régis Marcon, ouverte à plus de 60 nations et devra être remportée bien entendu par un Ardéchois car je ne vois pas qui pourrait nous surpasser en la matière.

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Au terme de mon propos, je voudrais vous dire combien je suis heureux et fier de pouvoir œuvrer pour l’Ardèche qui a, je le crois, beaucoup changé ces dernières années.

Personne ne doit négliger les effets de la Caverne du Pont d’Arc qui a fonctionné comme un formidable accélérateur d’image. L’Ardèche est aujourd’hui plus visible qu’hier dans le monde et l’inscription au patrimoine mondial de l’Humanité nous oblige à ne jamais nous replier sur nous-mêmes comme des insulaires frileux.

La vie parlementaire, c’est aussi observer ce qui se passe dans ce monde :
• Des nations européennes qui voient monter des extrémismes menaçants la stabilité des régimes démocratiques; et c’est en-core le cas récemment en Autriche.
• Des Régions qui menacent la cohésion des nations par leurs velléités comme en Catalogne, en Ecosse ou dans la Flandre.
• Une dictature en Corée du Nord qui défie le monde avec sa puissance nucléaire,
• Un Président des Etats-Unis qui parait tout droit sorti d’un mauvais film de série B,
• Un Président russe qui s’assure d’un 4ème mandat après avoir éliminé ses concurrents sérieux,
• Un Moyen Orient toujours au bord de l’explosion. Sans parler de Daech qui continue à régner dans les consciences spirituelles malgré le recul de ses positions.

Le confort de la stabilité de notre régime et la douceur de vivre en Ardèche, ne doivent pas nous plonger dans l’égoïsme de l’autruche. Le monde ne va pas très bien. Nous devons chacun, individuellement, prendre notre part, si infime soit-elle, aux soins que nécessite ce monde malade, comme le colibri de Pierre Rabhi apporte sa part d’effort à la lutte contre l’incendie qui me-nace la planète.

Car nous sommes des Hommes à l’égal d’un Coréen, d’un Palestinien ou d’un Africain. Lorsque la misère humaine débarque sur les plages italiennes depuis les côtes de Lybie et finit dans les rues de nos villages, il est trop facile de faire voter des motions en conseil municipal pour refuser l’arrivée de migrants.

L’histoire de la France, et peut-être plus encore celle de l’Ardèche, c’est aussi de considérer le monde en conscience, de considérer que l’humanité ne se réduit pas à notre environnement proche et que notre avenir est indissociable de ce qui se passe ailleurs sur la planète.

Aussi, permettez-moi, bien entendu, de vous souhaiter, à vous-mêmes et à vos proches la santé, l’amour et la concrétisation de vos projets comme de vos rêves.

Mais permettez-moi aussi de vous souhaiter d’être les acteurs utiles de ce monde, quel que soit votre rang ou votre position sociale. Car là est la seule quête qui nous importe: vivre en paix, dans une société plus juste et servir l’intérêt général pour léguer à nos enfants un monde d’espoir, tout simplement un monde de liberté, d’égalité et de fraternité.

Belle année 2018 à toutes et à tous.

Vive la République,
Vive la France,
Et vive l’Ardèche!