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Mon analyse du budget 2018 que j’adresse au Premier ministre

Monsieur le Premier ministre, la semaine dernière, vous avez présenté le projet de loi de finances pour 2018. La présentation d’un budget est un acte fort, un acte lourd de sens. C’est pourquoi nombre de Français vous attendent sur ce budget, qui nous promettait, si j’ai bien compris, l’avènement d’un monde nouveau si souvent annoncé.

Ce budget s’inscrit dans un contexte favorable, avec une croissance en hausse et des déficits publics en baisse, et par conséquent des moyens pour adresser un signal aux Français qui veulent plus de justice fiscale et plus de pouvoir d’achat.

Vous souhaitez réaliser des économies, mais c’est essentiellement pour baisser les impôts des plus riches.

Vous souhaitez renforcer le pouvoir d’achat des actifs, mais exclusivement en allant prendre dans la poche des retraités.

Vous souhaitez parler positivement à tous les Français, mais vous supprimez ce symbole qu’est l’ISF – l’impôt de solidarité sur la fortune, et les Français ne retiendront que cela.

Vous souhaitez encourager le travail, mais vous faites le choix d’une taxation plus faible des revenus du capital, mis à part le PEL – le plan d’épargne logement, dont les intérêts seront désormais lourdement taxés.

Les faveurs fiscales prennent effet immédiatement, tandis que les revalorisations des allocations de solidarité ou de pouvoir d’achat s’étaleront dans le temps.

Monsieur le Premier ministre, je ne vois autour de moi que des salariés modestes, des travailleurs indépendants à la peine, des exclus du travail ou des retraités aux conditions de vie parfois précaires, qui ne comprennent pas que la solidarité nationale puisse servir à réduire les impôts des plus fortunés. Il y a eu le bouclier fiscal ; vous inventez la cuirasse fiscale intégrale.

Le groupe Nouvelle Gauche croit que l’avenir ne saurait se trouver dans le retour des privilèges. En proposant demain un contre-budget qui soutient l’investissement et le pouvoir d’achat des Français, nous montrerons qu’il y avait un autre chemin pour tracer les perspectives d’une France plus juste et plus forte.